Guide FINMA · 2 sur 3
La liste d’alerte de la FINMA.
Ce qu’elle dit. Ce qu’elle ne dit pas.
La FINMA publie une liste de sociétés et de personnes susceptibles d’exercer sans autorisation une activité qui en exige une. Son nom officiel est « liste d’alerte » ; on la rencontre aussi sous les noms de liste noire, de liste négative ou de liste d’avertissement. Elle est utile dans un contrôle à condition de la lire comme la FINMA la présente : un signal à examiner, pas un verdict sur une personne.
Sommaire
Trois listes, trois messages
Sur sa page « Alertes », la FINMA réunit trois listes destinées à rendre investisseurs, créanciers et assurés attentifs à de possibles dangers sur le marché financier : la liste d’alerte, la liste des décisions finales publiées selon l’art. 34 LFINMA et la liste des chargés d’enquête mandatés par la FINMA.1
Ces listes ne disent pas la même chose. Selon la FINMA, elle peut publier une décision finale, intégralement ou partiellement, en cas de graves violations du droit de la surveillance et après son entrée en force.1 La liste d’alerte repose au contraire sur des soupçons que la FINMA n’a pas pu éclaircir.
Qui figure sur la liste d’alerte
« Les entreprises et les personnes inscrites sur cette liste ont fait l’objet d’enquêtes de la part de la FINMA en raison d’activités exercées sans droit, mais il n’a pas encore été possible d’éclaircir les soupçons à leur égard car elles n’ont pas respecté leur obligation de renseigner vis-à-vis de la FINMA ou ont donné de fausses indications. »
La FINMA ajoute qu’un nom peut aussi être inscrit lorsque ses investigations laissent penser que le prestataire expose les investisseurs à un danger imminent et important. Les entreprises concernées sont supprimées de la liste dès que la FINMA a pu procéder aux vérifications nécessaires.2
La liste se consulte par nom sur le site de la FINMA, avec deux filtres : « Avec inscription au registre du commerce » et « Sans inscription au registre du commerce ».2
Ce qu’une inscription ne dit pas
- Pas une preuve d’activité illicite. Pour la FINMA, le fait qu’une entreprise figure sur la liste « ne signifie pas nécessairement qu’elle exerce une activité illicite » ; l’inscription fait savoir qu’elle ne dispose pas de l’autorisation requise.2
- Pas une décision de sanction. Les décisions finales publiées selon l’art. 34 LFINMA forment une liste distincte.1
- Pas une liste de sanctions internationales. La Suisse met en œuvre les sanctions internationales sur la base de la loi sur les embargos ou de la législation sur le blanchiment d’argent3 ; le SECO publie la liste récapitulative des personnes, entreprises et organisations sanctionnées.4
- Pas une liste exhaustive. La FINMA prévient qu’il n’y a « aucune garantie que la liste d’alerte soit exhaustive et totalement à jour » : un prestataire sans autorisation peut ne pas, ou pas encore, y figurer.2 Une absence de la liste d’alerte ne prouve donc pas une autorisation.
- Pas une vue complète. La FINMA ne peut agir que si elle est compétente territorialement et matériellement et dispose d’indices concrets ; elle recommande de consulter aussi d’autres listes de mise en garde, comme celle de la police cantonale zurichoise (cybercrimepolice.ch) ou celle de l’IOSCO (I-SCAN).2
Une entrée ne vise que l’entité décrite
Une inscription concerne le prestataire décrit par la FINMA, avec son nom, son siège, son adresse et son site internet. Elle ne dit rien d’une autre entreprise au nom proche.
Ce que contient une entrée
Chaque entrée de la liste renvoie à une page de détail sur finma.ch. Le schéma ci-dessous reprend ses rubriques, sans aucune donnée réelle.2
FINMA · Liste d’alerte · Page de détail
- Date
- Affichée en tête de l’entrée.
- Nom / raison sociale
- Tel que publié : raison sociale, marque ou nom de site internet.
- Siège
- Peut être vide (« - »).
- Adresse
- Telle que publiée.
- Site internet
- Peut être vide.
- Registre du commerce
- « Avec » ou « Sans inscription au registre du commerce ».
- Remarques
- Précisions éventuelles de la FINMA, ou « - ».
Ce que l’entrée dit
- La FINMA a enquêté sans pouvoir éclaircir ses soupçons, ou craint un danger imminent et important pour les investisseurs.
- Selon la FINMA, le prestataire décrit ne dispose pas de l’autorisation requise.
Ce qu’elle ne dit pas
- Que l’activité est illicite, ou qu’une personne précise a commis une infraction.
- Qu’une entreprise au nom proche est concernée.
- Qu’un prestataire absent de la liste est autorisé.
Homonymies et sociétés sans lien
Un nom proche ne prouve pas une identité. Une entreprise sérieuse peut porter un nom voisin d’une entrée, et un prestataire peut utiliser un nom qui rappelle celui d’un établissement connu sans avoir de lien avec lui. Pour les intermédiaires d’assurance, la FINMA recommande d’ailleurs de vérifier si les indications fournies correspondent à celles de son registre public.5
Avant de rattacher une contrepartie à une entrée :
- Ouvrez la page de détail de l’entrée sur finma.ch.
- Comparez siège, adresse et site internet avec les coordonnées connues de votre contrepartie.
- Vérifiez l’IDE de votre contrepartie dans le registre IDE et sa raison sociale dans Zefix.67 Une entrée « sans inscription au registre du commerce » ne se rattache pas à une société inscrite sur la seule foi d’un nom.
- Consignez la conclusion : correspondance confirmée, écartée, ou incertaine et transmise pour examen.
Dans le fichier OpenSwissData
La liste d’alerte reste dans des fichiers séparés du registre, et aucun établissement autorisé n’est signalé automatiquement sur la base d’une ressemblance de noms : le champ is_warning_listed du registre reste vide.
Utiliser la liste dans un contrôle
Lors d’une entrée en relation ou d’une revue périodique, la liste d’alerte sert à repérer des cas à examiner. Une méthode prudente :
- chercher le nom complet, puis ses parties distinctives sans la forme juridique, ainsi que le nom de domaine du site internet ;
- qualifier chaque résultat de « candidat à examiner », jamais de « positif » automatique ;
- consulter aussi la liste des établissements autorisés et celle des décisions finales publiées ;
- refaire la recherche à intervalles réguliers : la FINMA ajoute des entrées et en supprime après ses vérifications.2
Pour une question ponctuelle, l’outil gratuit kyc_check du serveur MCP cherche un nom dans le registre et dans la liste d’alerte. Pour des listes entières, voir le guide sur l’automatisation.
La liste d’alerte dans le fichier OpenSwissData
Le fichier FINMA livre la liste d’alerte séparément du registre, dans finma_warnings.csv, .json, .sql et .parquet, ainsi que dans la feuille « Avertissements » du classeur Excel. Chaque ligne comporte :
Faites défiler le tableau pour voir toutes les colonnes
| Champ | Contenu |
|---|---|
name | Le nom tel que publié par la FINMA. |
date_added | La date affichée par la FINMA pour l’entrée, au format AAAA-MM-JJ. |
category | Le libellé anglais du filtre de la FINMA, par exemple « Entered in commercial register ». |
source_url | Le lien vers la page de détail de l’entrée sur finma.ch. |
warning_type | Une valeur constante pour cette liste. |
country | Vide dans la version actuelle. |
additional_info | Le dernier segment de l’adresse de la page de détail. |
Le fichier ne reprend ni le siège, ni l’adresse, ni le site internet : pour comparer, ouvrez la page de détail. L’échantillon CSV gratuit contient des lignes du registre, pas la liste d’alerte.
Pour travailler avec les données
Le registre FINMA en fichiers.
La liste des UID d’entreprises autorisées publiée par la FINMA, en Excel, CSV, JSON, Parquet et SQL. Le LEI est ajouté lorsque l’IDE correspond exactement à un seul LEI chez la GLEIF, la liste d’alerte reste dans des fichiers séparés, et chaque version est signée. Paiement unique de 299 CHF.
Sources officielles
Les citations et les faits de ce guide proviennent de ces pages, consultées le 29.09.2026. Seules ces sources font foi ; elles peuvent avoir changé depuis.
- FINMA · Alertes de la FINMAhttps://www.finma.ch/fr/finma-public/warnungen/
- FINMA · Liste d’alertehttps://www.finma.ch/fr/finma-public/warnungen/liste-d'alerte/
- FINMA · Sanctions et déclarations du GAFIhttps://www.finma.ch/fr/documentation/sanctions-internationales-et-lutte-contre-le-terrorisme/
- SECO · Recherche des destinataires de sanctions et liste récapitulativehttps://www.seco.admin.ch/fr/recherche-destinataires-sanctions
- FINMA · Registre des intermédiaires d’assurancehttps://www.finma.ch/fr/surveillance/versicherungsvermittler/registersuche/
- Office fédéral de la statistique (OFS) · L’IDE en généralhttps://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/registres/registre-entreprises/numero-identification-entreprises/ide-general.html
- Office fédéral de la justice (OFJ) · Registre du commerce, Zefix® et Regixhttps://www.bj.admin.ch/fr/registre-du-commerce-zefix-et-regix